Troubles sens

Transperçant les ténèbres d’un lumineux frisson,
Les premiers feux du ciel déchirent l’horizon.
De sa tenue de nuit, la mer se dépare,
Faisant glisser dans l’aube sa longue robe noire…
Et, soudainement nue, rougissant de pudeur,
Elle étire sur elle, son plus beau châle bleu,
Tandis que le soleil, impatient et fougueux,
Escalade déjà l’azur qu’il fait naître.
Je vois le cœur du monde, son rythme tourne ma tête.

Les pêcheurs sur le large ne sont plus que des points,
Dont les pirogues voilées blanchissent le chemin.
Maintenant le tableau a des couleurs sans nom,
Des couleurs parfumées, des senteurs de violons,
Qui naissent dans le ciel et vivent dans le vent.
L’âme des choses se devine dans le jour qui commence,
Et par un seul regard, enivrant tous mes sens,
Je vois de l’intérieur la vie que rien n’arrête,
Je vois le cœur du monde, son rythme tourne ma tête.

Je vois de l’intérieur la vie que rien n’arrête,
Je vois le cœur du monde, son rythme tourne ma tête.

Par H de Guer